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La théorie du renversement : qu'est-ce que c'est ?Apter, M. J. (1997). Reversal Theory: What Is It? The Psychologist, 10(5), 217-220. par Michael Apter
Les idées de base de la théorie ont été développées par le Dr K. C. P. Smith (un consultant en psychiatrie de l'enfant) et moi-même, il y a environ vingt ans, et pleinement formulées pour la première fois dans mon livre The experience of motivation (L'expérience de la motivation) (1982). Depuis cette période, la théorie a eu assez de chance pour soulever un intérêt croissant — qu'il soit positif ou négatif. Les chercheurs et les praticiens dans de nombreux pays ont testée, développée, modifiée et utilisée la théorie, en construction, de façons très variées. Ainsi, la théorie a généré plus de 200 publications, y compris 9 livres. Cependant, il n'est probablement pas faux de dire que la théorie, à ce point de son développement, n'a pas encore été acceptée dans la psychologie officielle. Je reviendrai sur ce point plus loin. Le but de cet article est d'attirer l'attention des lecteurs sur la théorie et son corpus de recherches en développement et de tenter de donner quelques idées sur ce qu'elle représente. Les lecteurs de The Psychologist pourraient être particulièrement intéressés d'en apprendre davantage sur la théorie actuellement, étant donné qu'un congrès international se tiendra en Angleterre durant l'été 1997 (voir les détails à la fin de l'article). Approche généraleEn quelques mots : pourquoi cette théorie est-elle générale ? Une façon de la décrire serait de dire qu'elle traite du genre de phénomène dont on parle dans les livres classiques sous les rubriques motivation, émotion et personnalité (Apter, 1989). Mais elle va plus loin que cela, en offrant une nouvelle structure pour la compréhension de certaines psychopathologies, tout en suggérant des solutions pour la thérapie. De plus, elle tisse des liens entre la psychophysiologie et la psychologie sociale et s'intéresse au champ des relations familiales. La largeur d'éventail de ses applications est évidente, à partir de ses tentatives de montrer les structures communes sous-jacentes à un grand nombre de phénomènes variés, comme le plaisir et l'humour, les préférences que les gens ont pour différents sports, l'appréciation de l'art sous ses formes variées, la genèse du crime, les buts des rituels religieux, la pratique de la pensée créatrice, les problèmes de dysfonctionnement sexuel, l'attraction pour le jeu d'argent et les besoins de rébellion des adolescents. Tout d'abord, il peut être utile de positionner, en toute simplicité, la théorie du renversement au regard de quelques autres théories et approches. La première et la plus évidente des choses à dire, en ce qui concerne la théorie, est qu'elle est centrée sur la vie mentale et qu'elle est, en ce sens, phénoménologique. Cela ne veut pas dire qu'elle se désintéresse du comportement observable — c'est tout à fait le contraire. Mais la théorie du renversement affirme que le comportement ne peut être totalement compris qu'en référence à la signification subjective que l'acteur lui assigne. A ce titre, la théorie est clairement anti comportementaliste. Deuxièmement, une des implications de la théorie est que la révolution cognitive en psychologie est allée trop loin. D'une part, motivation et émotion devraient être rétablies au centre des préoccupations, à niveau égal avec les cognitions. D'autre part, motivation et émotion ne peuvent être réduites seulement à des processus cognitifs, comme certains ont essayé de le faire, mais doivent être explorées selon les termes de leur propre logique. Troisièmement, la théorie s'oppose au développement du relativisme culturel qui a, plus particulièrement sous la forme du constructivisme social, perverti de nombreux courants de la psychologie. Au lieu de cela, la théorie du renversement mets l'accent sur les universaux culturels et son hypothèse est que la nature humaine est, partout et de tout temps, fondamentalement la même. Quatrièmement, la théorie est radicale au sens où elle considère certaines hypothèses traditionnelles et largement répandues comme simplistes. En particulier, la théorie considère que l'hypothèse de la personnalité, comprise comme une collection de traits statiques, est trop rigide pour capturer le sens de la personnalité — c'est là toute la question des modèles de changement. La théorie du renversement considère aussi que l'hypothèse homéostatique, qui sous-tend la plupart des théories de la motivation (comme dans la psychanalyse, la théorie de la réduction de tension, l'éthologie et la théorie du niveau optimal d'activation) est inadéquate et a besoin d'être remplacée par un concept de multistabilité plus sophistiqué. La structure de l'expérienceAlors, qu'est-ce que la théorie du renversement ? D'une certaine façon, on peut dire que c'est une théorie de la structure de la vie mentale. L'idée de base est qu'il y a un certain nombre de façons discrètes et identifiables de faire l'expérience du monde, qui sont universelles, donc partagées par tous les individus. Tout au long de notre vie quotidienne, de minute en minute, d'heure en heure, nous voyageons ainsi entre ces différents états expérienciels qualitativement différents. Cela signifie que nous ne différons pas seulement les uns des autres, mais aussi, que nous différons de nous-mêmes au cours du temps. Nous sommes tous, en effet, des personnes différentes à différents moments de notre vie. Ces états appelés, pour des raisons que nous n'avons pas besoin d'expliciter pour le moment, « états métamotivationnels », possèdent trois caractéristiques reliées. Chacun de ces états dérive d'un désir psychologique ou valeur de base. Chacun est associé avec son propre domaine d'émotions. Et chacun de ces états implique sa propre et particulière vision du monde. La seconde idée de base de la théorie du renversement est que ces états fondamentaux vont par paires d'états opposés, de telle façon que le changement consiste en des basculements entre les deux membres de chaque paire, un seul des deux états étant « actif » à un moment donné (les paires sont considérées comme actives en parallèle, bien qu'une paire soit susceptible d'être plus saillante au cours de l'expérience que les autres à un moment donné). Puisque de tels basculements entre les membres d'une paire se réalisent entre des états opposés, nous pouvons concevoir de tels changements comme des « renversements ». En ce sens, les individus ne sont pas seulement changeants au cours du temps, mais aussi susceptibles de se comporter de façon contradictoire. On doit noter que ce principe de réversibilité dans le changement est très différent des principes de changement qui ont été traditionnellement posés au cœur de la psychologie expérimentale, à savoir : l'apprentissage et la maturation. Cependant, le principe de réversibilité n'est pas inconnu de la psychologie. Les exemples les plus évidents de ce genre de changement viennent du champ de la perception, où les renversements de figure, comme le cube de Necker (cube fil de fer), ont éveillé un certain d'intérêt. Il est clair aussi que la théorie du renversement n'est pas une nouvelle forme de ce qui a pu être appelé le « situationnisme » (pour lequel le comportement de l'individu relève davantage de la situation que de sa personnalité). Bien que les situations et les événements entrent pour une part dans la détermination de l'état métamotivationnel de l'individu à un moment donné, une certaine dynamique de changements internes à cet individu entre aussi en jeu. En ce sens, l'individu peut être dans la même situation à différents moments, mais faire l'expérience de cette situation de façon différente et, en conséquence, se comporter de façon différente aussi. Parvenue à ce point, la discussion peut paraître plutôt abstraite. Dans la suite de cet article je propose de rendre la matière un peu plus concrète en abordant de façon détaillée une paire d'états en particulier. Les états télique et paratéliqueLes états métamotivationnels télique et paratélique présentent des caractéristiques contrastées. On peut résumer cela en disant que l'état télique (du grec ancien telos qui signifie but) représente un état d'esprit sérieux dans lequel l'individu se voit engagé dans une activité orientée vers un but, dont l'importance dépasse celle de l'activité elle-même. L'état paratélique, en contraste, est un état d'enjouement dans lequel l'activité en cours est engagée pour elle-même, c'est-à-dire pour le plaisir immédiat qu'elle procure (le terme paratélique est dérivé de télique en ajoutant le préfixe para qui, en grec ancien, marque une opposition). Par exemple, la plupart des gens rempliront leur formulaire de déclaration d'impôt dans l'état télique, mais iront au cinéma dans l'état paratélique. Cependant, on peut passer d'un état à l'autre au cours d'une même activité : par exemple, en étudiant pour préparer un examen on peut devenir si intéressé par la matière, que l'on va se laisser emporter et oublier le caractère sérieux du but poursuivi, se laissant plutôt prendre par notre fascination pour les informations étudiées. J'ai dit plus haut que les états métamotivationnels peuvent être caractérisés de trois façons. Je vais illustrer cela maintenant en relation avec les états télique et paratélique. 1) En premier lieu, il y a une valeur ou un désir psychologique de base. Dans l'état télique le désir porte sur une réussite signifiante ou sur des sentiments de progrès vers cette réussite ; tandis que dans l'état paratélique le désir est orienté sur l'amusement, souvent sous la forme d'une gratification immédiate de quelque besoin sensuel. 2) Il y a un éventail d'émotions différent dans chaque cas. Cela est représenté par les courbes hypothétiques de la Figure 1, qui montrent comment l'activation est expérimentée dans chaque état de façon différente, et de fait opposée, avec son propre et unique domaine d'émotions. Dans l'état télique (courbe bleu en trait plein) le domaine émotionnel part de la relaxation jusqu'à l'anxiété, et dans l'état paratélique (courbe rouge en trait pointillé), de l'ennui à l'euphorie. Dans l'état télique on devient anxieux lorsque des événements exigeants ou menaçants entraînent une élévation de notre niveau d'activation, alors qu'on sera agréablement détendu lorsqu'une tâche est terminée. Dans l'état paratélique on devient agréablement excité lorsqu'on est plus impliqué émotionnellement et stimulé, alors qu'on sera plongé dans l'ennui s'il y a un manque de stimulation. A partir de là, on voit que l'interprétation que fait la théorie du renversement de l'activation est très différente de celle faite par la théorie du niveau optimal d'activation avec sa fameuse courbe en U inversé. Cette nouvelle conception permet, entre autres choses, de donner un sens au fait que certaines activités impliquent de très hauts niveaux d'activation et un plaisir intense (par exemple, comme dans l'activité sexuelle et jouer ou observer une activité sportive). Un fait dont la théorie du niveau optimal d'activation a du mal à rendre compte. La théorie du renversement introduit une certaine dynamique dans la situation, par la possibilité de changements soudains dans l'expérience et, on notera que pendant que l'activation s'élève ou s'abaisse, l'effet du renversement d'une courbe vers l'autre devient plus considérable. métamotivationnels télique et paratélique. ![]() 3) Le monde et vu différemment — la structure expérientielle est différente dans chaque cas. Un des aspects de cette différence et ce que j'ai appelé le « cadre protecteur », qui est absent dans l'état télique, mais présent dans l'état paratélique. J'ai exploré en détail ce cadre psychologique dans ses différentes manifestations dans mon livre The Dangerous Edge (La limite dangereuse) (Apter, 1992). Comme résultat à cette exploration, l'ouvrage fournit une explication systématique de phénomènes comme l'engagement des individus dans les sports dangereux, pourquoi des individus commettent des actes de violence pour s'amuser, la nature de la perversion sexuelle et du dysfonctionnement sexuel, l'attraction pour les combats militaires et la nature du stress post-traumatique. Par exemple, les gens se confrontent sans raison apparente au risque dans des sports dangereux, comme le parachutisme ou l'escalade en montagne, dans le but d'atteindre de hauts (non pas modérés) niveaux d'activation. Cette activation élevée peut être expérimentée comme anxiété, mais si le danger est surpassé (et par conséquent, un cadre protecteur mis en place), alors il y aura un basculement vers la courbe paratélique, ce qui entraînera comme résultat une euphorie aussi intense que l'anxiété avait pu l'être — et si tout va bien, de longue durée. Des preuves à l'appuiDivers outils psychométriques ont été imaginés pour identifier l'état métamotivationnel d'un individu à un moment donné et, en conséquence, le renversement entre les états, ainsi que la mesure de la dominance d'un état sur son opposé au cours du temps, pour un individu donné. En utilisant de tels instruments, des investigations ont été menées, qui ont largement appuyé le modèle télique-paratélique qui vient d'être présenté et lui ont donné beaucoup de poids. Voici quelques exemples :
L'ensemble complet des étatsAprès avoir vu l'une des paires d'états, nous pouvons maintenant extrapoler, pour présenter dans les grandes lignes, de quelles façons la théorie du renversement explique la personnalité et les différences individuelles. En d'autres termes, on peut voir que les gens diffèrent les uns des autres de nombreuses façons : ils peuvent varier dans la tendance à être dans un état plutôt qu'un autre, cette tendance pouvant être plus ou moins forte (ce genre de tendance, comme nous l'avons mentionné, est appelée « dominance » dans la théorie) ; ils peuvent aussi varier dans la labilité à basculer entre les états ; varier en ce qui concerne les facteurs qui facilitent ou ceux qui inhibent le renversement entre les états ; ils peuvent enfin varier pour ce qui concerne le type de stratégies qu'ils utilisent dans chaque état, pour tenter d'obtenir les satisfactions potentielles rattachées à cet état et éviter les insatisfactions. En fait, la théorie propose trois autres paires d'états métamotivationnels, les membres de chacune d'entre-elles pouvant se combiner de différentes façons avec les membres de chacune des autres paires. Pour être complet, nous allons voir ces trois autres paires, au moins brièvement : Les états conformiste et transgressif :Dans le premier état, l'individu souhaite se conformer à quelque règles explicites ou attentes et conventions implicites en rapport avec la situation actuelle (par exemple, un dîner). Dans le second état, l'individu souhaite se libérer de telles règles et se sentir autonome (par exemple, en jurant ou en sortant des plaisanteries osées au cours d'un dîner). Les états maîtrise et sympathie :Dans l'état de maîtrise, l'individu considère les transactions interpersonnelles dans le cadre de prendre et donner, tandis que dans l'état de sympathie, les transactions interpersonnelles sont perçues dans le cadre de donner et recevoir. Dans l'état de maîtrise, le monde est interprété comme une lutte pour le pouvoir et le contrôle (par exemple, dans une négociation d'affaires) ; tandis que dans l'état de sympathie il est expérimenté comme une opportunité pour prendre soin des autres ou pour être pris en considération par les autres (par exemple, donner ou recevoir un cadeau). Les états autique et alloïque :Dans l'état autique, l'individu est centré sur lui-même : c'est ce qui lui arrive qui compte à ce moment-là. Dans l'état alloïque, l'individu s'identifie avec une autre personne ou un groupe et c'est ce qui arrive à cet « autre » qui est maintenant de première importance (par exemple, s'identifier avec une équipe de football). Pour chaque paire d'états, le même genre de courbes en « X », comme pour la paire télique et paratélique (Figure 1) peut être construit. Par leurs combinaisons, l'ensemble complet des courbes en « X » réalise une structure de relations pour 16 émotions primaires (Apter, 1989). Comme cela a été le cas pour les états télique et paratélique, de nombreux outils d'évaluation ont été inventés pour ces autres états et leur dominance, bien qu'actuellement (1997) l'essentiel des recherches a plutôt concerné les états télique et paratélique, beaucoup moins ces autres états. Quelques exemples d'applicationLa théorie a déjà été appliquée dans de nombreux domaines. Voici juste quelques exemples : a) Faire face à l'anxiété Une implication pratique évidente de la théorie du renversement est que l'anxiété peut être dépassée, non seulement en réduisant l'activation (ce que toute psychothérapie réalise en principe), mais encore, en induisant un renversement, de façon à ce qu'une excitation plaisante soit expérimentée au lieu de l'anxiété. Une manière de produire un tel basculement de façon systématique au cours d'un entretien inspiré de la théorie du renversement, consiste à utiliser l'humour (Murgatoyd, 1987), l'humour étant une expérience essentiellement de type paratélique (comme cela a pu être démontré par Wyer & Collins, 1992 ; Wicker, Thorelli, Barren & Willis, 1981). Une autre façon de produire ce renversement dans l'état paratélique consiste à utiliser les jeux de rôle (Fontana & Valente, 1993). b) Traiter le hooliganisme Jones et Heskin (1988) ont montré que les problèmes pour traiter les hooligans, concernent un manque de compréhension de la part de la police et d'autres personnes, qui ne réalisent pas que les actions des hooligans sont fréquemment réalisées dans l'état paratélique. John Kerr (1994) est allé plus loin, dans son ouvrage Understanding Soccer Hooliganism (Comprendre le hooliganisme du football), il a défendu l'idée qu'il fallait aussi faire référence aux états métamotivationnels transgressif et maîtrise, en particulier pour arriver à comprendre complètement le comportement du hooligan (incidemment, cet ouvrage représente une bonne illustration de comment la théorie du renversement fonctionne dans sa totalité). c) Arrêter le tabagisme Considérant que les facteurs de personnalité traditionnels n'étaient que de faibles prédicteurs de la capacité de l'individu à arrêter le tabagisme dans le cadre d'un programme de santé, une équipe de recherche du Midwest Research Institute, à Kansas City, a décidé d'interviewer des sujets, en se centrant sur leur état d'esprit durant la période où le tabagisme est abandonné, en particulier lorsque des tentations de rechute apparaissent. Au moyen d'une grille de codage rigoureuse appliquée aux interviews, les chercheurs ont découvert que la probabilité du risque de rechute était augmentée si la tentation survenait dans les états paratélique, transgressif et sympathie, plutôt que dans les états opposés (par exemple, voir O'Connell, Cook, Gerkovich, Potocky & Swan, 1990). La théorie du renversement et la psychologie officielleIl reste la question du manque d'audience de la théorie du renversement dans la psychologie officielle. Bien que les recherches déjà réalisées, telles que celles qui ont été décrites ci-dessus, aient généralement jusqu'ici bien soutenu la théorie, nombreux sont ceux qui considèrent que davantage de preuves sont nécessaires avant d'accorder une sérieuse attention à cette théorie. Ce sentiment est peut-être compréhensible, et ce pour trois raisons qui ne sont pas sans liens :
RéférencesApter, M.J. (1982). The Experience of Motivation: The Theory of Psychological Reversals. London and New York: Academic Press. Apter, M.J. (1989). Reversal Theory: Motivation, Emotion and Personality. London: Routledge. Apter, M.J. (1992). The Dangerous Edge: The Psychology of Excitement. New York: The Free Press. Apter, Mj. & Batler, R. (1997). Gratuitous risk-taking: a study of parachuting. In S. Svebak & M.J. Apter (Eds): Stress and Health: A Reversal Theory Perspective. Washington, DC: Taylor & Francis. Fontana, D. & Valente, L. (1993). A reversal theory approach to the causes and treatment of stress in professional life. Patient Education and Counselling, 22, 81-89. Kerr, J.H. (1994). Understanding Soccer Hooliganism. Buckingham and Philadelphia: Open University Press. Lafreniere, K, Cowles, M. & Apter, M.J. (1988). The reversal phenomenon: reflections on a laboratory study. In M.J. Apter, J.H. Kerr & M.P. Cowles (Eds): Progress in Reversal Theory. Amsterdam: Holland. Jones, R.S.P. & Heskin, K.J. (1988). Towards a functional analysis of delinquent behaviour: A pilot study. Counselling Psychology Quarterly, 1, 35-42. Martin, R.A., Kuiper, N.A., Olinger, L.J. & Dobbin, J. (1987). Is stress always bad? Telic versus paratelic dominance as a stress moderating variable. Journal of Personality and Social Psychology, 53, 970-982. Murgatroyd, S. (1987). Humour as a tool in counselling and psychotherapy: A reversal theory perspective. British Journal of Guidance and Counselling, 15, 225-236. O'Connell, K.A., Cook, M.R., Gerkovich, M.M., Potocky, ' M. & Swan, G.E. (1990). Reversal theory and smoking: A state-based approach to ex-smokers' highly tempting situations. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 58, 489-494. Svebak S. & Murgatroyd, M. (1985). Metamotivational dominance: a multimethod validation of reversal theory constructs. Journal of Personality and Social Psychology, 48, 107-116. Walters, J., Apter, M.J. & Svebak, S. (1982). Colour preference, arousal and the theory of psychological reversals. Motivation and Emotion, 6, 3, 193-215. Wicker, EW., Thorelli, I.M., Barron, W.L. & Willis, A.C. (1981). Studies of humour and mood appreciation.Motivation and Emotion, 5, 47-59. Wyer, R.S. & Collins, J.E. (1992). A theory of humour elicitation.
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